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Sais-tu ? (2008)

Si peu d'années vous séparaient...
Tu n'étais pas fruit de sa chair,
Elle t'avait pourtant adopté(e),
Sans vouloir évincer ta mère.

Elle t'a prodigué sa douceur
Et sa chaleur pour t'épargner,
Te soulager de la douleur
De cette histoire inachevée.

Sais-tu qu'elle a bien voulu taire
L'immense désir d'enfanter
Pensant qu'en épousant ton père,
A tes yeux elle pourrait compter ?

Et moi j'ai tenu à distance,
L'idée de lui faire un enfant
Pour t'éviter la concurrence
D'un "autre" qui prend les devants.

Quand un matin tu as choisi
De tout renier, de tout casser
Et de préférer le mépris
Plutôt que la fidélité,

Elle a fait le constat amer
D'avoir été comme trahie,
Sans aucun retour en arrière
Pour espérer donner la vie.

A l'aube de sa quarantaine,
Comptant mes sept années de plus,
Elle a renoncé à grand peine
A toutes ces illusions perdues.

Avant même que d'éclater
Les rires d'enfants se sont tus.
Le silence l'a emporté
Dans cette maison abattue.

Nous laisserons comme héritage
De notre amour si fort, si grand
Juste des rêves et des images
Sans avoir pu être parents.